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Arts Visuels


Centre de diffusion artistique du Vieux-Port de Québec


Centre Vitaux

À l'heure des sombres diagnostics et pronostics culturels, un vent frais semble vouloir se lever. sans tout le fracas et le retentissant de Méduse, un autre centre de diffusion tente de se tailler une place au sein des hauts lieux de l'art.

Marie Lachance


Quelle amertume pour la scène culturelle quand galeries et centres de diffusion doivent battre en retraite, faute de sous! on peut en effet brosser un tableau relativement pessimiste de la situation, sans être à coté de ses pompes. Avouez que hors du terrain des "subventionnés", la relève se fait rarissime et éphémère. Mais à bas les préjugés funestes, le Centre de diffusion artistique du Vieux-Port de Québec vient de voir le jour! Et son directeur, M. Jean Gaudreau, est des plus optimistes: "On ne veut pas exister quelques mois, on va être là pour très longtemps. pour y arriver, on a notre propre tactique", atteste -t-il. Il est d'abord question que le Centre se porte acquéreur du local où il opère, ce qui a certes l'avantage de contrecarrer les incommensurables augmentations de loyer et autres bâtons dans les roues. En outre, il veut éviter de cloîtrer, de devenir sectaire. "Notre mandat est de favoriser les échanges entre les intervenants des différentes régions et des différentes sphères de l'art", ajoute-t-il. En plus d'assurer un bon roulement d'expositions, il compte s'ouvrir aux autres volets de la culture, telle la danse, la musique, la poésie, etc.
D'ores et déjà fidèle à ces engagements, la toute première exposition du CDAVPQ présente, au milieu des gigantesques tableaux de Jean Gaudreau, les décors de scène qu'il a récemment réalisés. Toiles circulaires, carrées, en drapés et toujours démesurées; une seule impression, l'éclatement! De cette thématique s'attachant aux mouvement corporels, à la danse, on retient la fougue du créateur. Avec ses placages de bois sur la toile, ses ajouts de fragments d'oeuvres récupérés, de travaux antérieurs, l'artiste déborde du cadre formel et se rie de la postérité. L'impulsion créatrice et le plaisir intense qu'elle procure sont sans conteste ses seuls mots d'ordre.
   Même si les oeuvres du peintre présentent des similitudes avec celles d'artistes de Soho, même s'il fait carrière à Montréal, Jean Gaudreau n'est ni new-Yorkais, ni montréalais. De même son bébé n'est ni une galerie, ni un centre d'artistes. S'il est l'heure d'apposer des étiquettes, disons que Gaudreau est un Québecois pure laine et que le CDAVPQ est un centre de diffusion pur et simple.