
Arts Visuels
"La Cage" au Musée du Québec La danse des sept toilesRégis Tremblay Chacun construit sa propre prison, les artistes comme les autres. L'atelier du peintre et le studio de danse peuvent devenir une cage, un isoloir qui aide à créer, mais coupe du monde C'est pour rompre l'isolement et "brasser la cage" que le peintre Jean Gaudreau et la danseuse Christiane Bélanger présentent sur scène un événement inusité qui marie ces deux arts.La cage se mettra en mouvement samedi prochain, le 30 août, à 20h. à l'Auditorium du Musée du Québec. De fait, pas moins de neuf danseuses, dont la chorégraphe Christiane Bélanger feront bouger la cage sur roulette dans laquelle Jean Gaudreau peindra en direct. Les murs de sa prison seront ses toiles. À l'intérieur du cubicule, une caméra vidéo permettra de suivre sur écran le travail de l'artiste. "On connaît les toiles des grands maîtres, mais on ne les a jamais vu travailler. Je veux que les gens voient un peintre en action.Quand je suis dans mon atelier, il n'y a personne. La scène permet de me sociabiliser. Je veux être accessible, montrer qu'il y a des artistes parlables. Si on veut toucher à mes toiles, pas de problème! Je n'ai pas envie de m'enfermer dans une tour d'ivoire", déclare Jean Gaudreau, en entrevue. Christiane Bélanger est la compagne de Jean Gaudreau, pour l'art et pour le reste. Ils ont fondé ensemble le Centre de diffusion artistique du Vieux-Port. En tant que chorégraphe, elle connaît bien la solitude du créateur. Je danse autour de la cage pour la briser. Je danse aussi en passant ma tête dans un tableau crevé, puis revêtue d'une grande toile peinte comme d'un manteau, toujours pour abolir l'isolement du peintre. Je vois Jean travailler si fort dans son atelier, que ça me sert le coeur quand les gens passent devant ses toiles sans les regarder. Christiane Bélanger possède une formation en danse moderne et en ballet classique. En 1979, elle fonde sa propre école, Cadence, où elle accueille, encore cette année une cinquantaine d'élèves. Après un bac en arts visuels, Jean Gaudreau approfondit son art à Paris, Venise et Lausanne, en 1985. En 1988 il reçoit le grand prix du festival d'été de Québec, volet arts visuels. Le critique Guy Robert a signé une rétrospective de son oeuvreaux Éditions Malibu, en 1990 Jean Gaudreau précise: " La cage du créateur n'a pas que des mauvais cotés. Si je n'avais pas eu mon art, je ne sais pas ce que j'aurais fait; j'aurai peut-être mal tourné...Je pense aux prisonniers dans leur cellule, enfermés dans une vrai cage. S'ils avaient trouvé un bon canal pour s'exprimer, ils n'en seraient peut-être pas là..." |