
Arts Visuels
Jean Gaudreau Ballet de l'espaceDany Quine Depuis quelques mois, le peintre Jean Gaudreau occupe un vaste espace de création et d'exposition au coeur du Vieux-Port de Québec. Jusqu'à la mi-juillet, ce lieu jouxtant le restaurant Laurie-Raphël sert d'écrin aux plus récentes oeuvres de l'artiste de 33 ans intitulée "Infiniment animal". Un travail en métamorphose. Jean Gaudreau est une figure dynamique dans le domaine des arts visuels. Naguère animateur du Centre de diffusion du Vieux-Port de Québec et initiateur de plusieurs spectacles-performances où la peinture et la danse -notamment en collaboration avec Christiane Bélanger -fusionnent, il se consacre depuis de nombreuses années à la réalisation d'oeuvres picturales gestuelles qui témoigne de son attachement aux plaisirs de l'expression spontanée. Ainsi sa peinture parfois abstraite, parfois figurative ou métissée a toujours évolué dans un univers surchargé de couleurs, de formes de gestes qui appelle au mouvement du coeur et du corps; pas étonnant donc que la danse exerce sur lui un attrait tou particulier. Or, cet intérêt semble actuellement le mener vers la conquête de l'espace, thème que l'artiste n'avait abordé qu'avec une certaine retenue, préférant surtout s'attarder à la gestuelle, la matière et la couleur. En examinant ses récentes créations, ou les taches se concentrent un peu à la manière des peintures du tachiste allemand Wolfgang Wols, nous constatons qu'il évolue vers une forme d'expression plus dépouillé, moins confuse et plus mature peut-être, qui lui permet d'exploiter l'espace comme jamais auparavant et, conséquemment, qui lui offre la possibilité d'effectuer un plus grand rapprochement entre la peinture et la danse. De la sorte, Gaudreau paraît s'engager sur la voie qui, espérons-le le conduira vers une manière toujours plus cohérente, personnelle et originale. La particularité de son travail tient surtout à sa façon de "suspendre" ses taches dans l'espace. Intuitivement peut-être, l'artiste a vaporisé sur ses toiles de fins nuages de couleurs de couleurs mates avant d'appliquer frénétiquement ses taches filandreuses de peinture. Ainsi en raison des effets d'ombres portées que les vaporisations suggèrent, les gestes et les éclaboussures semblent se détacher du fond et acquérir un volume. Partant, sa peinture ne s'étale plus qu'en surface mais s'empare de l'espace. Elle s'anime et danse devant nos yeux. À suivre! |