soleil

Arts Visuels


Jean Gaudreau

Transe Fusion

Dany Quine


Impossible de demeurer tranquille devant les peintures déchaînées de Jean Gaudreau exposées au Centre de diffusion artistique du Vieux-Port de Québec. Leur frénésie chromatique et gestuelle s'empare de nous, si bien que notre corps veut danser la tarentelle !

Folle ! Exubérante ! Emportée ! Délirante ! Combien d'autres attributs peuvent encore s'appliquer à la peinture de Jean Gaudreau. Bien que son art puisse être assimilé à l'expressionisme abstrait des années cinquantes, il témoigne de la frénésie de notre époque actuelle. Du reste, sa manière n'est pas entièrement soumise au langage abstrait puisque des composantes figuratives s'y dissimulent.

C'est une peinture d'instinct, explique l'artiste, qui se défend de tout rationalisme. L'art n'est-il pas fondamentalement une affaire de coeur et d'émotion ? Je souhaite d'ailleur que mes oeuvres puissent transmettre au visiteur l'énergie et les émotions éprouvées lors de leur réalisation." Cette volonté semble accomplie: les peintures de Gaudreau qui nous galvanisent.

Action painting

Le terme action painting lequel fut notamment utilisé pour désigner l'art de l'illustre Jackson Pollock, convient parfaitement à la peinture de Jean Gaudreau. Les arabesques, les taches et les éclaboussures qui couvrent ses toiles sont appréhendées comme les vestiges d'une danse frénétique.

Incidemment, la référence à la danse n'est pa sinattendue dans le cas de cet artiste de Québec. De fait, il oeuvre depuis plusieurs années en collaboration avec des danseurs, entre autres lors des performances où diverses formes d'art sont solicitées.

C'est donc dire que Gaudreau ne se limite pas à une pratique traditionelle de la peinture. À cet égard, il se plaît à intégrer à l'huile et l'acrylique quantité d'éléments, notamment du bois et des pièces de tissu animées de motifs irréguliers. En fusion avec une touche explosive et une palette éclatante, ces éléments provoquentune sorte de transe rétinienne. "J'ai besoin de liberté et d'espace, ajoute enfin l'artiste. Je déteste me sentir prisonnier." Avec cette exposition, où le grand format occupe une place de choix, son travail fait plus que jamais l'éloge de la liberté.