Pour Jean Gaudreau, cette exposition symbolise le chemin qu’il a parcouru. «J’ai évolué dans mon art, il faut d’ailleurs qu’on se renouvelle constamment, sinon les gens le remarqueront. On doit travailler sur la couleur, la forme, la composition ou la recherche. Ce que je fais, c’est une infinité de textures, en somme.»

Jean Gaudreau met la main à la pâte et le pied au plancher


Catherine Dallaire (Québec Hebdo, 7 mai 2010)


L’artiste-peintre Jean Gaudreau présentera sa toute nouvelle exposition, Le pied au plancher, au Palais Montcalm dès le 6 mai prochain. Il profitera également de l’occasion pour inaugurer la nouvelle galerie Banque Nationale, Groupe financier.

Pour M. Gaudreau, c’est un véritable retour aux sources qui s’enclenche. En effet, ce dernier a déjà fait une exposition en 1995 au Palais Montcalm. Par la suite, il a déménagé et voyagé afin de parfaire son art et ouvrir ses horizons, et revient désormais, 15 ans plus tard. «Pour moi, c’est une fierté de présenter mon travail au Palais Montcalm, véritable carrefour de la culture à Québec, autant du côté musicale qu’artistique ou théâtrale. L’endroit renferme un patrimoine culturel imposant qui se prête bien au contexte de mon exposition», a déclaré l’artiste.

L’élément déclencheur de cette nouvelle série d’œuvre est un simple concours de circonstance. «J’étais en train de travailler sur une autre œuvre lorsque j’ai jeté un coup d’œil au plancher, raconte M. Gaudreau. Au fil des mois et des ans, de la peinture et divers résidus se retrouvent au sol, sur les toiles dont je l’ai recouvert. Le résultat que ça donne, tu ne peux pas le peindre, c’est comme un vrai fossile, mais actuel. C’est directement le fruit de mon travail qui se mélange sur ces couvre-planchers. Je les ai donc récupérées pour les intégrer à des tableaux.»

Ainsi, les visiteurs pourront désormais admirer le résultat d’un an et demi de travail acharné. Le peintre a d’abord pris les morceaux «archéologiques», comme il se plait à les nommer, afin de travailler un nouveau concept autour. On peut observer des personnages sur chacune des toiles, que ce soit de petites ombres ou une partie intégrante du tableau, tout cela sous couvert de couleurs éclatantes et de textures diverses. «J’ai l’habitude de travailler avec des personnages de cirques et de danse. Je prends d’abord de vraies personnes évoluant dans ce milieu en photo, puis je m’en sers dans mes arrangements», explique M. Gaudreau.

Le 6 mai prochain se tiendra le vernissage de l’exposition, sous la présidence d’honneur du maire de Québec, Régis Labeaume. Mis à part ce projet, M. Gaudreau en a plusieurs autres sur la table de travail. D’abord, il prendra part au Moulin à images de Robert Lepage cet été. Certaines de ses œuvres seront projetées sur les énormes silos en une énorme fresque fantasque de couleurs et de teintes. M. Gaudreau avait déjà participé l’an passé à ce projet. Mais il n’y a pas que ça. «Je suis actuellement en pourparlers pour développer un marché asiatique, en Chine plus précisément. En décembre 2010, je présenterai aussi une exposition à Montréal, dans le même esprit que celle de Québec. Enfin, je prévois la sortie d’un nouveau catalogue pour bientôt. Depuis trois ou quatre ans, mon marché évolue continuellement. Je récolte enfin les fruits de 15 ans de travail assidue et c’est trippant», conclu l’artiste.